(In English Below)

Bienvenue au Casino Climatique - Pays riches encouragés à bluffer

Bienvenue au Casino Climatique - Pays riches encouragés à bluffer

Imaginez vous dans un immense Casino placé à l’intersection de deux grandes routes poussiéreuses et étouffantes de Bangkok. Imaginez encore que vous rentriez dans ce casino, les mains et les poches vides mais que vous savez que vous allez jouer la plus importante somme que vous n’ayez jamais joué. Ici, les mises ne se comptent pas en centaine d’euros, encore moins en milliers, mais bien en centaines de milliards. Ce casino dont je vous parle se trouve être en ce moment même à Bangkok, il était récemment encore à New York encore avant à Bonn et sera à la fin de l’année à Copenhague. Ce Casino, ce n’est pas les négociations sur le climat, c’est ce qu’on en fait les négociateurs ; un espèce de grand terrain de jeu pour négociateurs et gouvernants en mal de sensations fortes.

Ici, on joue à se faire peur, on aime voir la boule tourner, tourner et s’arrêter dans la bonne case ; on aime bluffer, particulièrement les américains. Le bluff peut se pratiquer de différentes manières, mais la manière la plus en vogue ces derniers jours est d’envoyer de grandes et lourdes déclarations pour faire tressaillir tous les joueurs autour de la table et spécialement les plus pauvres. Ce n’est pas sans raison que les américains s’en sont pris au protocole de Kyoto, c’est bien pour cacher le fait qu’ils viennent les mains vides de financement pour l’adaptation et la tête vide de position et de cibles à défendre. Les américains sont ici les meilleurs, mais ils ne sont pas les seuls, l’Union Européenne joue aussi un jeu pas clair. L’Union réussit un grand tour de passe-passe, elle réussit presque à faire croire qu’il y a une position commune en sein des différents Etats alors que deux blocs sont clairement affirmés dans l’Union Européenne. Cette séparation en deux blocs, plus le fait que les pays qui paraissent les plus engagés refusent de devoir payer pour l’adaptation empêchent l’UE d’avoir une position claire, mais pourtant bluffe (et bien) une position.

Si ces pays ne jouaient que leurs mises, il n’y aurait pas de souci, mais le problème c’est que les mises en jeu ne sont pas les leurs. Bien au contraire, lorsque la boule indiquera un numéro à la roulette, lorsque la carte se retournera, ce n’est pas nous payerons mais ce sont ceux qui n’ont pas payé et n’ont même pas voulu jouer.

Et pourtant, à chaque fois on revient, à chaque fois on rejoue les mises ou joue le même bluff. On aime jouer au grand jeu de la négociation sur le climat. C’est drôle, au Nord, on a l’impression que l’on ne perd jamais. Alors pourquoi arrêter de jouer ?

On bluffe, on joue, mais pas comme un joueur équilibré. Un joueur sensé joue à partir de probabilités, ‘vais-je perdre ou gagner à ce tour, ou au prochain », quelques calculs simples permettent d’y voir plus clair. Dans notre jeu climatique, plus rien n’appartient au hasard, toutes les probabilités ont déjà été présentées et l’on sait à présent que l’on est sûr de perdre. Dans un casino, notre joueur aurait été expulsé, viré pour avoir triché, ici, on triche pour savoir et même en sachant on met la mise au mauvais endroit. Le GIEC et Sir Nicholas Stern  nous ont aidé à comprendre à quelle vitesse nous allions vite dans le mur, à quelle vitesse nous allons devoir nous endetter pour parer aux conséquences de notre jeu stupide et planétaire. Et pourtant, on réussit à se tromper même en connaissant l’issue du jeu.

Mais quel joueur pourrait donc avoir un comportement aussi peu logique ? Quel joueur pourrait accepter de venir jouer des sommes si importantes en sachant pertinent qu’il va tout perdre s’il ne change pas sa façon de jouer. Seul un joueur complètement drogué, un joueur sans capacité de discernement, un joueur incapable d’ouvrir les yeux sur sa propre façon de jouer pourrait avoir un tel comportement.

A quoi cependant sommes-nous drogués ? L’énergie pas chère ? Un développement que l’on croit sans limite ? Quelle que soit notre drogue, nous avons plus que deux mois pour la connaître et pour que le psychiatre des Nations Unies nous administre un remède suffisamment puissant pour nous guérir.

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In English :

Welcome to the Climate Casino - rich countries are encouraged to bluff

Welcome to the Climate Casino - rich countries are encouraged to bluff

Imagine yourself in a huge casino at the intersection of two major roads dusty and stifling of Bangkok. Imagine further that you return in this casino, hands and pockets empty but you know you’ll play the biggest amount you’ve ever played. Here, the bet does not count in hundreds of euros, much less thousands, but hundreds of billions. The casino I’m talking about happens to be right now in Bangkok, he was recently in New York even before in Bonn and will be at the end of the year in Copenhagen. The Casino is not the climate negotiations, but this is how the negotiators transform them, a sort of big playground for negotiators and leaders in pain sensations.

Here, we play to be afraid, we like to see the ball turning, turning and stopping in the right box, we like bluffing, especially Americans. The bluff may be practiced in different ways, but in the most popular these days is to send large and heavy statements to rile all players around the table and especially the poorest. Not without reason the U.S. attacked the Kyoto Protocol, it is to hide the fact that they come away empty funding for adaptation and empty head position and target to defend. The Americans here are the best, but they are not alone, the EU also plays a game unclear. The Union manages a large hocus-pocus, it succeeds almost believe there is a common position among different states while two blocks are clearly enshrined in the European Union. This separation into two blocks, plus the fact that countries appear most committed refuse to pay for adaptation to prevent the EU have a clear position, but still bluffing (and good) position.

If these countries were playing their set, there would be no problem, but the problem is that the face-offs are not theirs. Quite the contrary, when the ball will show a number at roulette, where the map will return, do not we will pay but those who have not paid and would not even play.

And yet, every time we come back every time we put the replays or play the same bluff. We love playing the great game of negotiating on the climate. It’s funny, in the North, it seems that it never loses. So why stop playing?

We bluff, we play, but not as a balanced player. A balanced player plays from probabilities, ‘will I lose or win in this round or the next’ few simple calculations allow to see clearer. In our game climate, nothing belongs to chance, all probabilities have already been presented and we know now that we will lose. In a casino, our player was expelled, fired for cheating, here are cheats to find and even knowing it is putting the wrong place. The IPCC and Sir Nicholas Stern helped us to understand how fast we were going in the wall, how fast we are going to have debt to deal with the consequences of this stupid game and warming. And yet we managed to fool even knowing the outcome of the game.

But which player would therefore behave as little sense? Which player would agree to come play are so important in knowing he will lose everything if it does not change its way of playing. Only one player completely drugged, a player without the capacity of discernment, a player unable to open eyes on his own how to play could have such a behavior.
What however we are drug addicts? The cheap energy? A development that we believe without limit? Whatever our drugs, we have more than two months to learn it and that the UN psychiatrist will administer us a remedy strong enough to heal us.

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